Recherche
 
Fermer
L'association
 ↑  
Galleries d'images
Nuage de Tags
 
Visites

 401791 visiteurs

 1 visiteur en ligne

rss Cet article est disponible en format standard RSS pour publication sur votre site web :
http://www.adseam.asso.fr/data/fr-articles.xml

« L’évaluation interne, démarche associative »



Si j’ai bien compris le message de Michel Franza, directeur de l’UNASEA, c’est à la lecture de la lettre Horizons de l’ADSEAM, plus précisément celle du mois de juin dernier, qu’il a souhaité en savoir davantage sur la dynamique que nous avons développée à l’association pour mettre en œuvre l’évaluation interne.
La lettre associative de l’association, que nous publions deux fois par an depuis juin 2000, me paraît avoir l’avantage de témoigner modestement de quelques unes de nos initiatives et de nos projets. La commission qui a en charge le difficile choix des articles est attentive à ce que le lecteur y trouve un peu de ce que l’on fait, de ce que l’on pense, et à travers ces quelques articles y perçoive les traces du sens des activités que nous développons. Cette lettre « Horizons » ne saurait à elle seule constituer pour nous un objectif, mais ne constitue bien sûr que l’un des nombreux outils à notre disposition. Il me semble qu’il ne peut qu’en être de même pour la démarche d’évaluation interne que nous avons la responsabilité de mettre en œuvre actuellement. Je laisserai à Isabelle Renouf, notre chef de projet qualité à l’ADSEAM, le soin d’en dire davantage et mieux sur la méthodologie mais je veux bien saisir l’occasion de livrer ici quelques unes des priorités qui ont guidé les choix stratégiques des responsables de l’ADSEAM pour caler les exigences du législateur avec nos exigences qualité. Je soulignerai rapidement trois points :

       1.  Il me semble qu’en premier lieu le choix des instances dirigeantes de l’association de s’engager dès 2002 dans une démarche qualité a effectivement tracé pour l’ADSEAM le sillon du creuset de l’évaluation interne. Au-delà de représentations individuelles ou collectives du processus « qualité », une conviction commune rapprochait l’ensemble, à savoir donner priorité au sens de notre action. L’étude de faisabilité alors initiée auprès des différents établissements et services de l’ADSEAM a rapidement amené l’ensemble des acteurs, adhérents et salariés à participer à l’état des lieux, identifier les axes d’amélioration des pratiques, repérer et mieux identifier les objectifs, prenant en compte à la fois nos obligations et nos orientations. Ce positionnement stratégique me paraît encourager de manière forte une dynamique non seulement générale mais collective, puisqu’elle engage certes en premier lieu les dirigeants, mais aussi progressivement chaque salarié dans un parcours de collaboration interne, de réflexions et de pratiques transversales, de mutualisation de moyens et de ressources, et ce dans bien des domaines. Il s’agit bien de faire le choix de lever progressivement les clivages institutionnels existants et résistants.
       2.  Reconnaître la démarche évaluative comme un outil central du projet, c’est aussi me semble t-il donner priorité à deux exigences :
             - faire du projet individuel le socle auquel s’adossera chacun des projets institutionnels        des établissements et services. Cela paraît simple à formuler, mais c’est un choix qui ouvre un lourd et long chantier à construire, réinterrogeant nos références professionnelles culturelles, mais aussi d’une manière plus pragmatique la conception de nos organisations associatives.
             - respecter ce qui est perçu comme spécifique à chaque établissement ou service, en ce sens qu’aujourd’hui encore la structure cible le public qu’elle accueille. Là aussi le changement est repéré et déjà engagé ; pour l’ADSEAM nos choix nous portent à mettre en perspective et à privilégier davantage la construction de dispositifs d’intervention qu’il s’agit bien d’implanter sur des territoires de vie.
       3.  Enfin la démarche que nous avons retenue pour mettre en œuvre l’évaluation nous a conduits à faire le choix d’utiliser et de valoriser l’ensemble de nos ressources internes : qu’il s’agisse du personnel, de l’organisation des formations collectives, de la réorganisation des instances de travail, de l’élaboration des procédures et des méthodologies communes. Dans un tel contexte, la fonction chef de projet qualité que l’association a installée pour piloter l’ensemble de la démarche est déterminante pour la mise en œuvre et la réalisation du projet qui exige en permanence communication, articulation et méthode.

Evaluation et qualité constituent aujourd’hui un réel enjeu pour l’évolution des « bonnes pratiques professionnelles » et de nos organisations associatives. Notre profession et notre secteur y reconnaissent depuis bien longtemps la contribution déterminante à l’élaboration et à l’ajustement du projet institutionnel ou individuel. Une telle démarche implique du changement, de l’effort pour tous les professionnels, mais ouvre manifestement des perspectives nouvelles de collaboration et d’organisation. Outil au service des équipes institutionnelles, l’évaluation constituera en premier lieu un processus dynamique.
Le directeur général,
JP MARIE
 




Pour entreprendre une démarche d’évaluation, les portes d’entrée sont aussi multiples que la diversité des dispositifs d’intervention. Au-delà d’une obligation légale et d’une mise en conformité, l’ADSEAM a voulu en faire une démarche « utile » à tous : - usagers – salariés – adhérents. Sa mise en œuvre s’appuie sur quelques idées principales :
 

  • L’articulation autour de trois notions étroitement liées situées à des niveaux différents:

1. le projet associatif et d’établissement : il fixe le cadre de référence au regard de la politique associative et de ses missions,

2. la démarche qualité : elle prend appui sur le projet, elle correspond à un « processus d’amélioration continue de la qualité des prestations fournies. Il s’agit d’une démarche volontariste et collective, sur une longue durée, engagée par un établissement ou un service afin de conforter des points forts et réduire progressivement des points faibles 1»,

3. l’évaluation : elle est ponctuelle et rythmée dans le temps. L’obligation d’évaluation interne et externe introduite par la loi ne fait pas expressément référence à une obligation d’initier une démarche qualité, toutefois, celle-ci est largement induite, « Les établissements et services (…) procèdent à l’évaluation de leurs activités et de la qualité des prestations qu’ils délivrent… »« Les établissements et services (…) procèdent à l’évaluation de leurs activités et de la qualité des prestations qu’ils délivrent… »2

L’évaluation est un outil au service de l’évolution des projets qui prend sens à partir de l’objectif qu’on lui donne et de l’appropriation qu’en font les professionnels en lien direct avec leur pratique. C’est la combinaison de ces différents éléments qui vont contribuer à la réussite de la démarche. « …Faire l’impasse sur la méthode pour atteindre la qualité risquerait de laisser cette dernière à l’état de valeurs incantatoires (…) A l’opposé, faire l’impasse sur le sens et les finalités risquerait de réduire la qualité à une instrumentation de gestion (…) Pour se mettre en marche, la qualité sanitaire et sociale requiert du sens, de la méthode et des hommes. 3»
 

  • La construction du processus par les acteurs eux-mêmes avec un appui interne et externe

L’association a choisi de faire appel à une ressource interne pour la conduite et l’animation du projet. Ce choix privilégie l’accompagnement et l’appropriation de la démarche dans la proximité des dispositifs d’intervention et dans la durée. Il n’exclut pas pour autant le recours à des apports externes ponctuels au besoin, sur le plan de la formation à l’utilisation d’une méthodologie nouvelle.
Le chef de projet apporte un appui technique permanent au niveau de l’information, de l’organisation, des échéances, de l’élaboration d’outils supports, de la mise en lien des travaux menés simultanément sur chaque structure, du traitement de préoccupations communes.

1 Guide méthodologique – DGAS/mars 2004
2 Art.22 de la loi du 2 /02/2002
3 « Penser la qualité dans les institutions sanitaire et sociales », sens, enjeux et méthodes ; P DUCALET et M LAFORCADE, édition Seli Arslam 2001.

 

  • L’élaboration d’une méthodologie commune et le respect des particularités de chacun

L’évaluation fait partie d’une démarche de changement qui nous incite à appréhender les dispositifs d’intervention avec une vision globale où tous les éléments sont reliés entre eux.
L’identification, et l’amélioration de ces éléments à partir d’une méthodologie commune contribuent à l’émergence de représentations et de compréhensions partagées au niveau de l’association en direction d’une approche commune : entrer plus concrètement dans une logique de service à la personne au-delà des spécificités structurelles liées à un type de population, d’habilitation ou d’agrément.

La démarche d’évaluation à l’ADSEAM s’appuie sur l’organisation et la méthodologie introduites par la démarche qualité.
Les outils support ont été élaborés en commun et adaptés en fonction des particularités de chaque site :
Une étude préparatoire réalisée au cours de l’année 2003-2004 a permis de faire un état des lieux des points forts et des points à améliorer à partir d’un questionnement commun à l’ensemble des établissements et services de l’association.
Une grille d’analyse représente les différents processus et activités de l’ADSEAM et un référentiel d’exigences qualité définit les principes d’action communs à partir duquel chaque dispositif décline ses spécificités.

Même si les réponses sont propres à chaque site, la méthodologie pour mener l’évaluation interne est commune à l’ensemble des établissements et service de l’association. Le choix d’utiliser le support externe VALORIS4 a été retenu pour apporter un questionnement complémentaire à nos référentiels « maison ».
 

  • Des instances transversales chargées d’articuler la démarche

L’organisation des instances et la participation des différents acteurs sont définis et se déclinent au niveau associatif et de chaque site situant chacun dans son rôle et son niveau de responsabilité pour le développement du projet.
L’organisation s’appuie sur les instances existantes et mises en place pour la démarche qualité pour s’inscrire dans la durée, mutualiser les compétences et diffuser une culture commune.

Au-delà des contraintes, chacun est conscient qu’ «… on ne peut s’auto proclamer et s’auto justifier par le seul fait de son existence, ou par une légitimité acquise dans la durée… »5. Sans nier le risque d’une dérive vers une logique exclusive de gestion, la démarche d’évaluation représente d’abord un vrai moteur de changement et de professionnalisation du secteur sans renier les fondamentaux de notre métier résolument tourné vers les personnes.

Elisabeth Renouf, chef de projet qualité

4  VALORIS est une méthode d’évaluation de la qualité des services à l’usage des dispositifs sociaux et médico sociaux reposant sur des valeurs de référence notamment la Valorisation des Rôles Sociaux (VRS)
5  « Guide du management stratégique des organisations sociales et médico sociales » P. Lefèvre, Dunod 2006.


Date de création : 13/09/2012 @ 13:44
Catégorie : L'association - Nos communications
Page lue 5187 fois

Identité
ADSEAM : Association Départementale pour la Sauvegarde de l'Enfant à l'Adulte de la Manche, une association de militants et de professionnels pour des actions d'utilité sociale.